La religion est intrinsèquement réactionnaire. Elle constitue une représentation du monde se fondant sur le mensonge et la haine de la liberté. Parole indiscutable parce que ne résistant pas à l’épreuve du dialogue libre et de la preuve scientifique, ineptie inversant objectivement les lois de la production du réel (ce que Bakounine appelle le salto mortale) en décrétant que le spirituel est créateur du matériel, le dogme religieux est le culte de l’arbitraire triomphant, l’apologie de l’incohérence écartant tout sens véritable. De ce fait, la foi, au-delà de tromper l’humanité, l’entraîne sur la voie des calamités.

Chienne de garde du pouvoir de classe, peu importe à l’idéologie religieuse de se mettre au service d’un chef de tribu asiatique, d’un patricien, d’un puissant bédouin, d’un latifundiste esclavagiste, d’un patron d’industrie ou d’un tribun nazi.

Partout où la domination existe, la religion veille. Et les idéologies léninistes fossoyeuses de dizaines de millions d’exploités n’ont pu remplir leur tâche immonde qu’en se consolidant en religion. Les symptômes de cette fatale défiguration des aspirations communistes ne pouvant conduire qu’à dresser cet évident et sinistre diagnostique : le culte du Prophète, le mysticisme de l’eschatologie, le dogme indiscutable s’érigeant sur l’éviction de la pensée critique, la sacralisation de la souffrance nécessaire.

En accédant au pouvoir il y a plus de 2 siècles, la bourgeoisie n’a fait que remodeler les modes d’action des organisations religieuses. Elle a juste appris à adapter l’arme divine à ses propres impératifs, cet instrument abominable servant à justifier les fondements et les crimes de la société de classes : propriété privée, division biologique inégalitaire de l’humanité (la femme est inférieure à l’homme), répression sexuelle, totalitarisme comme but politique, guerre et massacre comme méthode de gouvernement. Les bourgeois ne sauront jamais assez remercier les mercenaires de la sainte parole qui ont assuré et continuent de remplir les fonctions décisives d’éradication de la révolte accompagnant la conquête capitaliste du monde. La bourgeoisie internationale ne serait rien sans ces missionnaires chrétiens qui ont permis d’établir efficacement les fondements de l’accumulation primitive du capital sur les charniers des peuples esclaves érigés en autels de l’ignominie une fois recrachés des mines de métaux précieux ou des champs de production agricole.

En se constituant en classe sociale potentiellement révolutionnaire, le prolétariat a très vite été identifié par les capitalistes comme l’ennemi principal, un ennemi organique dont l’existence requise par la production du capital en interdisait l’anéantissement. La contention de l’ouvrier s’est opérée par la répression, la paupérisation ici et l’abondance marchande là, la saignée massive quand les conditions d’exploitation l’exigeaient et le contrôle des consciences. Cette dernière tâche a longtemps incombé aux forces religieuses lorsque le capital n’était pas assez prégnant pour désintégrer la communauté prolétarienne en conquérant l’imaginaire et la culture propre des travailleurs. Faire accepter l’inacceptable des conditions de vie misérables et/ou atroces dictées par l’infamie de l’inégalité économique fut une mission longtemps monopolisée par les aboyeurs de croyances. Mais, si la religion est l’ancêtre de la société du Spectacle en tant que négation déformatrice de la réalité et mode de pensée anti-historique, son emprise sur les consciences a fortement périclité en Occident et sur l’ensemble de la planète tout au long du 20ème siècle. Comme le capital s’implantait à la base des rapports sociaux, la religion dévoilait son visage de parent pauvre de l’illusion marchande devenue si sophistiquée sous nos latitudes. A ce propos, il est tout à fait saisissant d’observer que, dans les pays dominants, les centres commerciaux ont petit à petit pris toute la dimension perdue par les cathédrales dans ce qu’elles avaient autrefois de lieux cérémoniels à la gloire de l’illusion.

Pourtant, croiser une femme enfermée dans une bourkha en pleine rue d’une ville de banlieue française, écouter un discours trempé dans la verve nauséabonde des sectes protestantes du XVIIème siècle de la bouche de G.W. BUSH, se faire sermonner, avec stupéfaction, par la voie ressuscitée d’un prosélytisme des plus infectes, sont quelques uns des multiples supplices caractéristiques d’un autre Age que le quotidien nous inflige. Aussi, force est de constater avec effroi que le monstre divin est loin de pourrir aux poubelles de l’Histoire et que partout les armées de Dieu ont entrepris une offensive de reconquête du pouvoir à l’échelle planétaire. Cet assaut majeur ne peut être compris et efficacement combattu que s’il est envisagé au travers d’une analyse critique de la transformation des conditions de la formation du capital social total, laquelle n’a pu avoir lieu que par les victoires historiques des capitalistes sur le camp prolétarien ces dernières décennies.

La religion c'est de la manipulation mentale ! A bas l’obscurantisme ! A bas toutes les religions ! Vive l’anarchie